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Liaison à la sauce, roman |
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Format: 14x20
cm./broché/98 pages/ISBN: 2-916086-10-2/Prix EUR:
15,00 |
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L’expression des sentiments relève de la
responsabilité, des goûts et, surtout,
des possibilités de chacun. Ici, les
héros sont moches, mal fichus, gras,
énormes, pauvres, englués dans une
naïveté émerveillée qui les soustrait à
toutes formes de calculs immoraux.
Puisqu’ils sont laids, qu’ils puent,
mais qu’ils s’aiment, ils n’ont d’autre
choix que d’aimer leur laideur et leurs
mauvaises odeurs. Car il s’agit avant
tout d’une histoire d’amour. Un amour
maculant, dévorant, qui va jusqu’au bout
de sa ferveur, qui se donne, qui accepte
l’autre tel qu’il est, dans ce qu’il a
de meilleur comme dans ce qu’il a de
pire. Mais chez eux, compte tenu des
contraintes que la nature a fait peser
sur leur vie, le pire constitue ce
qu’ils ont de meilleur. |
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En quoi,
tout de même, au-delà de
l’exercice de style et de la scatologie,
ils incarnent une des éventualités du
couple romantique. D’ailleurs, tout
finira bien, dans l’odeur propre de la
mort. |
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On
dit que l’amour n’a pas de limites. Dans
Liaison à la sauce, Franz Bartelt va
jusqu’au bout de cette assertion en
bousculant, selon sa bonne habitude, les
culs-bénits et les narines pincées. Son
duo d’amoureux, il est vrai, s’est comme
échappé du Gargantua. C’est peu dire que
Max est gros et Nadège obèse. L’un et
l’autre ont la chair débordante et la
solitude chevillée au cœur. Jusqu’à ce
que Max décoince la roulette du caddie
de Nadège. Ce simple petit geste d’homme
courtois va libérer des échanges
épistolaires d’abord polis, puis
complices, puis intimes. C’est que tout
chez ces deux-là fait dans la démesure,
et jusqu’aux privautés qui libèrent une
libido assoiffées de sensations et
d’amour. Oui, d’amour, comme dans chaque
roman de Franz Bartelt. Car si notre
Ardennais pousse la chose jusqu’à ses
extrémités les plus épicées, déclenchant
au passage des rires énaurmes, il le
fait comme dans une fable. Dans tous ses
livres, Bartelt met du spectacle -
choquant, poétique ou désopilant. Le
lecteur pressé s’en contente comme d’un
numéro de cirque mené à la perfection.
Les autres sentent la plongée dans la
condition humaine, avec ses grandeurs et
ses turpitudes, son infinie misère.
Ainsi, au-delà de la coprophagie, la
soif d’amour qui anime Max et Nadège
peut bouleverser par sa candeur et son
désir d’absolu. Conseillons au lecteur
pusillanime de se munir d’un pince-nez
et de gants de chirurgiens dès l’entame
de Liaison à la sauce : il en aura
besoin, et verra la lunette de ses
watères d’un œil nouveau après quelques
pages. |
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Même
constat de profondeur dans La Beauté
maximale même si cet ouvrage montre
moins d’impertinence que le précédent :
derrière l’apprentissage de la ville par
une naïve campagnarde, il y a pêle-mêle
toute la difficulté des relations
humaines, la volonté de l’héroïne d’être
reconnue par les autres et cette
tyrannie des apparences qui étouffe les
individus jusqu’à les broyer dans leur
chair. A nouveau, si Berthe devenue Suzy
pour la beauté du prénom se met à
maigrir, c’est pour plaire et se laisser
aimer afin d’exister un peu malgré une
existence banale à mourir. Le rire
déclenché par Bartelt tient des
situations, mais aussi et surtout d’une
liberté et d’une justesse de ton de
nature à nettoyer les neurasthéniques de
la grisaille qui leur envahit les
boyaux. À quand du Bartelt prescrit par
la Faculté de Médecine ? La Beauté
maximale pour les anorexiques, Liaison à
la sauce pour les constipés, Le jardin
du bossu pour les élus adroitement à
gauche, Terrine Rimbaud pour les
suicidés potentiels et les femmes de
boucher, D’une Ardenne et de l’autre
pour les bibliophiles et les lecteurs
des Amis du même nom. |
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Alain
BERTRAND |
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