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Franz BARTELT |
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D'origine poméranienne (Pologne), la
famille Bartelt s'installe dans les
Ardennes, la région d'Arthur Rimbaud. Un
endroit prédestiné pour le jeune Franz
qui apprend à lire dans les romans
policiers que dévore sa mère, et
commence à écrire à l'âge de treize ans.
Un an plus tard il quitte l'école et
gagne sa vie en enchaînant les petits
boulots. A dix-neuf ans, il entre dans
une usine de transformation de papier,
un autre lieu symbolique pour l'écrivain
qu'il est en passe de devenir. En 1980,
il s'installe dans la Vallée de la
Goutelle, près de Charleville-Mézières
et se consacre à l'écriture. Pendant
cinq ans de labeur au rythme des trois-huit, il aligne deux volumes par
an sans se soucier de se faire publier.
C'est à partir de 1985 qu'il fait de
l'écriture son
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unique moyen de subsistance. Poète, nouvelliste,
dramaturge et feuilletoniste, il donne également
huit pièces de théâtre à "France Culture" et des
chroniques estivales à "L'Ardennais". A partir de
1995, il connaît la consécration avec la publication
de ses romans, tous applaudis par la critique et
certains sélectionnés pour les prix littéraires : |
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Le bar des
habitudes,
Gallimard, 2005. |
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La beauté
maximale,
Galopin, 2005. |
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Liaison à la
sauce,
Galopin, 2005. |
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Terrine Rimbaud,
Estuaire, 2004. |
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Le jardin du
bossu,
Gallimard, 2004. |
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Charges
comprises,
Gallimard, 2004. |
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Plutôt le
dimanche,
Labor, 2004. |
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Le grand
bercail,
Gallimard, 2002. |
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Nulle part, mais en
Irlande,
Le temps qu’il fait, 2002. |
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Les bottes
rouges,
Gallimard, 2000. |
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Massacre en
Ardennes,
avec A. Bertrand, Quorum, 2000. |
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Aux pays
d’André Dhôtel,
Traverses, 2000. |
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Le cheval
ardennais,
Castor & Pollux, 1999. |
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Simple,
Mercure de France, 1999. |
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Le costume,
Gallimard, 1998. |
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Les Marcheurs,
Finn, 1998. |
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Les Ardennes,
avec J.-M. Lecomte et P. Stritt, Siloë, 1997. |
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D’une Ardenne
et de l’autre,
Quorum, 1997 |
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La chasse au
grand singe,
Gallimard, 1996. |
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Les fiancés du paradis,
Gallimard, 1995. |
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Franz BARTELT et les
ardennes |
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Vues de Paris les Ardennes c’est la province sans le
charme de la province. Les Ardennes sont un non
lieu, un espace oublié aux marches de la République.
Elles ne jouissent pas de l’image estivale des
endroits de vacances. On ne leur accorderait pas le
privilège du bon vieux terroir. Pas étonnant, dès
lors, que Bartelt ait déclaré que
ses romans ne seraient pas datés, jamais situés dans
un lieu identifiable, ne feraient jamais référence à
l’actualité. |
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Car l’œuvre de Bartelt est tout le contraire d’une
littérature enracinée : les Ardennes, pour lui,
ressemblent à une page blanche. Elles existent dès
lors qu’on en parle. Elles existent surtout par
l’écriture (« Je n’écris pas pour dire quelque
chose, mais pour écrire quelque chose »).
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Très tôt, à l’usine, dans son quartier ou au
bistrot, Franz Bartelt s’est mis à l’écoute des
gens. Il existe en Ardennes une précarité extrême
confirmée par les statistiques sur la santé mentale
ou l’alcoolisme. Les œuvres de Bartelt résonnent de
cette précarité existentielle et leur donnent une
forme singulière. Par le langage, qu’il transcende
dans une prose époustouflante tant il joue des
registres comique et tragique, ménageant des
surprises dignes d’un Blondin pour la maîtrise
musicale, d’un Marcel Aymé pour la facétie
pétillante et d’un Louis-Ferdinand Céline pour la
noirceur juteuse. Ajoutons que le style, ici, est
mis au service de l’homme et que la compassion qui
sourd à chaque page émeut autant qu’elle interroge.
Les personnages de Bartelt sont-ils des médiocres ?
Oui, dès que le jeu social entreprend de les
métamorphoser en pantins avides de pouvoir ou de
richesses. Pour le reste, chacun participe à la
grande aventure de l’humanité, en proie aux mêmes
questions, aux mêmes angoisses, aux mêmes
désespoirs. En ce sens, les livres de Bartelt
remontent aux sources de la condition humaine. Si sa
plume met en lumière la cocasserie, la bêtise, la
cupidité, la veulerie ou les vices des uns et des
autres, ce n’est jamais pour juger, mais pour
souligner ce que nous sommes tous en vérité et pour
faire œuvre de solidarité, en toute fantaisie - et
donc sans concession pour les fausses raisons de
vivre. |
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Les ouvrages de Franz Bartelt sont profondément
français par la clarté de la phrase, l’ironie
cinglante, le sens de la fraternité. Les colore
aussi une touche flamande nourrie de carnavalesque,
de mélancolie et de poésie. Cette ouverture trouve
peut-être ses origines dans un double enracinement.
D’origine poméranienne, donc protestante, son père
était menuisier ébéniste. Quant à sa mère, normande
et catholique, elle lui apprend à lire dans les
romans policiers qu’elle dévore au rythme de un par
jour. |
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Franz est né
le 7 octobre 1949 aux Andelys, en bord de
Seine. Sa famille déménage en Ardennes alors
qu’il a 4 ans. Depuis, 1980, il vit à
Nouzonville, à quelques encablures de la
Meuse. A 13 ans, il commence à écrire et
quitte l’école l’année suivante après avoir
tâté de la pataphysique et des marionnettes.
Il enchaîne les petits boulots (porteur de
sacs de lait et de sucre, tireur
de plans de l’hôpital
psychiatrique de |
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Charleville, …) jusqu’à entrer à 19 ans dans une usine de
transformation de papier où il restera jusqu’en 1984
tout en écrivant la nuit. Il faut ici préciser que Bartelt est un nom d’origine allemande qui signifie
« formidable travailleur ». On ne s’étonnera pas de
la formidable puissance de travail de l’auteur qui
aligne chaque année ses 2000 feuillets dans des
genres aussi divers que le roman, la nouvelle, la
chronique, le théâtre, le billet d’humeur, la
poésie, l’essai sentimental et dans ce que nous
appellerons son « laboratoire d’écriture », sorte
de journal qu’il tient depuis une trentaine d’années
chaque matin à propos de tout, de rien et du temps
qui passe. |
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Quand il ne travaille pas, Franz Bartelt se promène,
notamment côté belge, dans la grande forêt
ardennaise. La fascination que ce pays exerce sur
lui tient à l’amitié autant qu’au fond de l’air. Les
odeurs d’épicéas, de frites et de bière aiguisent
l’appétit de notre auteur, lequel n’aime rien tant
que la camaraderie, les gens simples et les facéties
langagières. Il trouve en Belgique de quoi alimenter
son imaginaire et sa poésie tout en y cultivant la
vertu de dérision et le côté burlesque des choses.
Sa tendresse pour les irréguliers du langage est
manifeste. |
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De 84 à 96, Bartelt donne 8 pièces de théâtre et des
feuilletons à France Culture, de savoureuses
chroniques d’été à L’Ardennais. Après quoi,
il publie dans un désordre savamment étudié ses
romans chez Gallimard. : Les fiancés du paradis,
en 1995 ; La chasse au grand singe, en
1996 ;
Le costume, en 1998 ; Les bottes rouges, en
2000 (Grand prix de l’Humour Noir) ; Le grand
bercail, en 2002 ; Charges comprises, en
2004. Simple est publié en 1999, au Mercure
de France. Par ailleurs, Bartelt édite des
chroniques sur ou autour de l’Ardenne : D’une
Ardenne et de l’autre (1997, Quorum) ; Les
Ardennes (Siloë, 1997) ; Les marcheurs (Finn, 1998) ; Suite à Verlaine (Finn,
1999) ; Aux pays d’André Dhôtel (Traverses,
2000) ou sur l’Irlande : Nulle part, mais en
Irlande (Le Temps qu’il fait, 2002). Il publie
aussi des poèmes : La Haute Nuit (L’Arbre à
Lettres, 1996), Décombres (Le givre de
l’éclair, 1997). |
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Toute cette production littéraire frappe par sa
profonde maturité : Franz Bartelt a longuement mûri
son art avant de s’adresser aux éditeurs. Sa palette
est large, son art délicat, sa fantaisie rigoureuse.
Fils naturel de Léautaud et de Queneau, il a rompu
les amarres pour le meilleur et descend en solitaire
les rivières sinueuses des Ardennes. Son œuvre est
mouillée à la bière et au crachin. Il s’y promène
des ombres étonnées de vivre, des aspirants au
scepticisme et des femmes fatalement malheureuses et
cruelles. Sans oublier les conseillers généraux, les
gros commerçants, les rimailleurs de province, tous
épris de notoriété et soumis au feu nourri des
saillies et autres perfidies de notre auteur. |
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Bartelt
possède une vraie tendresse pour les
laissés-pour-compte et les excentriques. Inspirés de
loin en loin par des Ardennais («On croit les
Ardennais taciturnes alors qu’ils sont hâbleurs et
méridionaux !») , ses personnages parlent aux
statues, braillent dans les stades, jouent les
grands singes dans des parcs d’attraction, pèlent
les pommes de terre à la mode zen, visitent le musée
de la torture, fuient l’amour impossible, forniquent
comme ils parlent, écrivent la biographie d’Alphonse
Médaille, inventeur du pivot à boulon excentré. Ils
portent des noms que n’auraient renié ni Rabelais ni
Boris Vian : Frioul, Zouline, Maurice Foulard, Rémy
Carpette, Mélosse, Luirque, Augustin Benoît Cheurte,
Ursinal Luccombo, Marie Belhomme, ... |
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Cette importance du nom propre est, parmi d’autres,
un indice qui montre que pour Bartelt, l’acte
d’écrire précède toute autre considération, comme le
genre à pratiquer ou le plaisir de raconter des
histoires. Précisons que c’est la matière même du
langage, sa texture, sa musique, sa typographie qui
fascinent ce briscard de la comédie humaine au point
d’en faire une sorte de credo : contrairement à
beaucoup d’hommes de lettres, Bartelt écrit moins
par vanité que par nécessité vitale. Il se considère
comme un artisan et pense que tout roman devrait
posséder les hautes qualités d’un numéro de cirque.
Bien entendu, il déteste la sacralisation de la
littérature, et ne rompt l’isolement nécessaire à la
création que pour animer des ateliers d’écriture ou
pour collaborer à des pièces en milieu scolaire :
« Ma seule ambition est d’écrire de bons livres. Le
reste n’est que discours. Les vrais beaux métiers,
c’est couvreur, plombier… Dans ces métiers-là, on
connaît le poids du monde », souligne Bartelt dont
l’univers, en définitive, rassemble toute la vie et
toutes les vies. En effet, le lieu véritable qui
hante l’œuvre de Bartelt, c’est moins l’Ardenne que
ces plaines sans horizon, ces ciels nomades, ces
tourbières odorantes, ces paysages construits par
les silences du vent où l’homme retrouve à la fois
la juste mesure de sa nudité et la solidarité avec
la Création tout entière. |
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Alain BERTRAND |
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Titres : |
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La beauté maximale |
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Liaison à la sauce |
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